L’existence dans le monde physique ne pourrait être sans l’énergie, comme moteur. Les Dieux, comme toutes les formes de vies, sont des entités « libres » énergétiques et asexuées. Plus leur masse énergétique est importante, plus pure est la source de leurs pouvoirs, donc plus puissants ils sont.  Chacun possédant des talents qui lui  sont propres, les prestiges  de l’un ne peuvent imiter ceux d’un autre. Ces architectes ne suivent pas forcément de plans, ils n’obéissent qu’à une seule loi, celle de la cause et de l’effet. Ils sont également soumis au principe de « commencement » et de « fin ».  Nous appelons ces entités divines les « Initiés ».

Rasa est le premier des cinq dieux primordiaux. Appelé injustement le « père », il est le Dieu d’avant-garde de son espèce.  Originellement, il personnifiait le vide,  la solitude et le commencement de toute chose. Il imposa sa création du Cosmos par la loi de «  la cause et de l’effet ».  Des milliards d’années ensuite, Le  Dieu se noya dans sa propre solitude, et dans l’auto questionnement, il s’égara. Une perte momentanée de temps suffit à engendrer Bsum. Le Choc vieilli le visage de Rasa qui, pour empêcher Bsum d’agir, stoppa la division et fusionna avec lui. Rasa et Bsum ne formaient plus qu’un ; ensemble, ils possédaient le pouvoir des croisements, des choix et des apparences. Bsum fut en réalité, l’effet de Rasa, dépassé par sa propre puissance.  Touché par la mélancolie de Rasa, Bsum encore instable, recracha celle-ci hors de lui pour devenir le Dieu connu du Chaos et du changement.

Cette action entraîna les naissances de Brasacar, entité du feu et d’Astel, Dieu des airs. Ejectés dans l’espace et privés de repères, les deux jumeaux voguèrent à la recherche d’un abri. Encore jeunes, les deux frères ignoraient tout de l’étendue de leurs capacités.  Quelques temps après, plus âgés, les deux Dieux connaissaient leurs facultés. Ils décidèrent de se mêler l’un à l’autre dans la  volonté créatrice. C’est ainsi que fut créé la première matrice, une oosphère géante.  L’œuf grossissait lentement,  et il fallut beaucoup de patience à Brasacar et Astel pour commencer à observer une quelconque réaction de l’œuf.  Astel  tenait l’avorton dans les airs tandis que Brasacar l’incubait grâce à sa chaleur. Quelques fissures se dessinaient sur son pourtour. Les coquilles finirent par céder et c’est ainsi que Faryonne, déesse de la terre, Nifa déesse  de la nuit et Rorianne, déesse du jour virent au monde. Faryonne plus forte que ses sœurs, avait déjà atteint l’âge de sa maturité.

Brasacar déposa sa semence en Faryonne à l’insu d’Astel.  Faryonne subissa immédiatement une réaction violente  qui la poussa, dans la douleur, à se coucher.  Elle engendra Valcor, dieu des volcans et de la lave et Satroma, dieu de la souffrance et de la douleur physique. Encore réchauffée  par le feu de Brasacar, Faryonne devait se reposer.  Pendant ce répit, Faryonne allait se solidifier et développer sa résistance. Valcor cependant, vivant sur elle, était toujours en pleine activité.  Débordé, ses soupirs remontèrent dans les cieux. C’est ainsi qu’Astel apprit les complots de son frère pour dominer Faryonne.

Astel augmenta la pression sur Valcor afin de le vider de son énergie. Les Fumées ascendantes se cumulèrent jusqu’à ce poids, trop lourd pour Astel, retombe sur Faryonne.  La première goutte fut baptisée Mirale.  Puis la deuxième qui ne fut pas l’effet des vapeurs de Valcor, mais du désarroi d’Astel  face aux douleurs de Faryonne,  se révéla être Lestion, dieu de la peine et de la tristesse.

 

Mirale ne pouvait reposer que sur une base solide, elle s’accommoda des reliefs de Faryonne. Au contact de Mirale, et encore éprouvée et couchée, Faryonne se plia à nouveau de douleur. Le Ventre de Faryonne venait de s’arrondir brutalement. Une Sphère sortit de ses cuisses engloutissant Mirale et Valcor. Alors que la déesse Nifa venait de s’endormir, la déesse Rorianne se réveilla. Faryonne prit Quateria dans ses bras. Mirale et Valcor appartenaient désormais à Quateria. Mirale essaya de s’en échapper en générant Torsak, dieu des  typhons.  Mais cette réaction en chaine explosa dans la conquête quaterienne. La vie envahit Mirale sur le continent unique. Faryonne rejoint Quateria avec Brasacar et Astel. Pour maquiller Quateria, les dieux usèrent de leur imagination et de leurs talents.  Astel et Faryonne engendrèrent Megalir, dieu de la pierre et de la roche, Dagash, dieu du tonnerre et de la foudre. Quant à Faryonne et Mirale, elles créèrent Sylhen, déesse des forêts et les myraïdes, déesses des cours d’eau.  Les dieux jouaient entre eux ; Comme Astel et Mirale qui donnèrent le jour à Edraska, dieu des glaces et des avalanches et Luciden, dieu de la magie. Mais la portée la plus prometteuse fut celle de Faryonne et de Brasacar, qui enfantèrent Brugitus, dieu du bruit, Gobos dieu de l’exil et de la sécheresse et Acar, dieu de la beauté et de l’Amour. La vie Quaterienne évolua des premières formes de vie primitives à des organismes plus grands et plus complexes.

Rasa Bsum envieux de posséder ce territoire, essaya d’abord son incursion en fécondant insidieusement Faryonne à plusieurs occasions. Mais la gestation de Faryonne prenait du temps. Il l’ensemença à trois reprises.  Faryonne finit par atteindre l’accomplissement de sa grossesse. C’est de la bouche de la déesse que sortirent les dieux Kaocène, dieu de la neutralité, Hyprobal dieu du doute et du hasard et Ystegar, dieu des peurs et des angoisses.  La déesse  se révolta contre l’effet du Dieu absolu,  avec l’apparition de Quiturne, déesse de la paix et de la sérénité.

Cependant les autres dieux prirent connaissance des plans de Rasa Bsum et décidèrent de se réunir afin de parlementer. Ils se rejoignirent au centre de Quateria afin de préparer une stratégie de défense.  Ils savaient que leur seule chance de réussite était de rallier leurs pouvoirs dans une unique finalité. Ils construisirent l’Omniteur, créature complexe faite de nœuds énergétiques et de matières organiques.  L’Omniteur ne possède qu’un œil, qui lui permet de tout voir et de tout savoir, mais il ne peut ni penser, ni ressentir. C’’est une arme de destruction.  Sa seule fonction consiste à ouvrir son oculaire, ce qui dégage une lumière phénoménale. Cet éclat dévoile tout et décompose tout;

Rasa Bsum inventa une armée d’entités énergétiques, qu’il pouvait commander grâce à sa détermination psychique.  Il projetait d’envahir Quateria.  Le « père » perça le ciel, bloqua le feu, divisa l’eau et dévisagea la terre. Avec sa fulgurante entrée dans Quateria, le continent se craquela en quatre morceaux. Bsum  contamina Brasacar avec le « gène du désordre ». Alors que les quatre Dieux étaient en mauvaise posture, Faryonne la plus endurante de tous,  les amena dans les sous terrains aux abris. L’Omniteur était en effet en cours d’activation.

Brasacar commençait à être consumé par le gène du désordre.  Faryonne étreint Brasacar pour tenter de le soulager. La Déesse Epinerve jaillit de la main gauche de Faryonne.  Déesse de la maladie et de la santé, même Epinerve ne put que ralentir le mal qui rongeait Brasacar.

Rasa Bsum se trouvait face à l’Omniteur. Subjugué par son premier véritable adversaire, son égal  opposé, il était à cet instant, fier de l’invention de ses enfants.  Ystegar rempli  son cœur quelques secondes. Celles-ci suffirent à l’arme pour pénétrer l’esprit du « père ».  Une phrase retentit en Rasa Bsum : « Celui qui a le choix, a aussi le tourment ». Ces mots semèrent la confusion dans la tête du Dieu. La pupille de l’Omniteur était alors contractée ; L’armée d’entités était immobile, leur Dieu était monopolisé. C’est grâce à cette cause que l’Omniteur parvient  à entamer sa deuxième phase de destruction. Sa pupille se dilata, et un faisceau lumineux très puissant en sortit pour expulser Rasa Bsum et son bataillon, hors de Quateria.  La Lumière et les paroles de l’Omniteur venaient de doper  la puissance de Rasa.

Cette action entraîna  une amnésie temporaire chez le Dieu qui ne sut  comment revenir sur Quateria, et oublia ce qu’il en savait. L’Omniteur  clôt sa paupière pour générer la déesse Kaordomia,  personnification du rêve et du sommeil ; et il s’enfonça dans les profondeurs de Kaodormia, au centre de Quateria.

Brasacar montrait des signes inquiétant de sa maladie. Une rage étrangère l’envahit et il y céda et se coupa par la main par inadvertance. Son sang coula dans l’eau. C’est ainsi qu’est né Judetance, dieu de la haine, de la vengeance et de la trahison. Brasacar voulait renier son propre père.  Mais Faryonne essaya de dissuader ce dernier de se laisser consumer par de telles pensées.  Encore une fois, de sa main droite, jaillit Miselliade, déesse de l’empathie et de la compassion.  Mais plus personne ne pouvait rien faire pour Brasacar : Il était condamné à porter ce mal sur ses épaules pour l’éternité et à vivre reclus. Pour la paix de Quateria, les dieux se voyaient régner chacun sur un continent en veillant à la prospérité de la vie. Ils se partagèrent le pouvoir du temps et de la mort. Chaque dieu apporta sa contribution pour encadrer le monde physique et spirituel :

  • Astel donna Psilon (raison)
  • Faryonne apporta Zyonne (chasse) et Céréfal (Moisson et faim
  • Mirale offrait Tipso (richesse) et Marefia (secrets)
  • Brasacar, encore souffrant, apporta Gochen (Guerre et forge) et Vetevanne (honneur)

 

Mirale régnait sur Idallys, terre de l’ouest ; Brasacar se voyait attribuer le sud avec Vardeos, Astel reçu les terres de l’est avec Asten et Faryonne restait au nord, sur Erion. Astel était le plus affaibli, aussi il se retira en sa capitale flottante, à Astelios. Il confia la garde de son royaume à Faryonne. Cette dernière pour sceller son gage de confiance, ordonna à ses serviteurs, la construction du passage de Gè. Mirale se retira en sa cité engloutie, s’entourant de remparts marins et terrestres. Grâce à son reflet en elle-même et à la déesse Kaodormia, elle parvient à adopter un nouveau pouvoir, vivre et régner,  dans les mondes parallèles ou au-delà de son propre reflet. Brasacar s’enferma dans les cavernes de Valcor, au sud de Vardeos, laissant ses terres à l’abandon. L’emplacement de L’Omniteur fut confié à la déesse Marefia, qui ne devait jamais révéler son existence.  La gouvernance des dieux  et le temps des Quateriens venaient de commencer.  Chaque continent aurait un élu, le « … » à chaque génération de mortel, à qui, le dieu octroierait l’apprentissage de son ultime pouvoir en tenant de la résistance spirituelle du Quaterien.