On raconte que l’esprit de feu disposant de la plus grande ressource énergétique est la forme draconienne.  Si celle-ci parvenait  à se manifester chez le demi dieu, elle lui octroierait  une puissance colossale de destruction.  Mais aucun corps quatérien n’a pu se montrer au travers des époques, à la hauteur d’une telle engeance.

Pourtant,  dans les terres d’Erion, on narre les récits d’une créature qui court le pays, de victimes en victimes. Aucun témoin n’a pu en sortir vivant, pour attester de l’existence de cette bête. Ils  l’appellent la Dragonnadès.   Aucune lame ne viendrai à bout de sa carapace ; le monstre mesurerait plus de trois mètres de long de la tête à la queue.

Une légende, dont le  bilan s’élève à des centaines de morts bien réelles, mais qui semble disparaître mystérieusement sans ne laisser de trace.

L’esprit choisit le moment crucial pour resurgir.  Une seule impulsion et c’est l’épanchement. Son cœur est abandonné à la peur, la transformant en pierre. Sa conscience n’oppose pas de résistance face à ce fléau présent, et s’endort dans les abîmes du demi dieu.

Ses pupilles se dilatent, teintées de noire ; ses yeux finissent par se révulser.  La femme s’écroule à quatre pattes dans l’herbe sous le poids impactant de ses bras.  Son sang s’accule dans ses veines. Tous ses muscles se contractent brutalement, elle est envahie par la sueur de ces efforts.

Ses membres se crispent de douleur, des spasmes violents l’empoignent tels des coups de pieds donnés à l’estomac. Ses ongles s’accrochent à la terre désespérément, et cèdent à des griffes finement aiguisées.  Le dos cambré succombe à un rempart d’écailles pointues, au gré de l’allongement de sa colonne vertébrale.  Les jambes du demi dieu ont mutées contre des pattes élargies, terminées par des couteaux lui permettant de bondir très haut.  Ses épaules sont plus massives.  La métamorphose est pratiquement assimilée. La morphologie de la bête révèle une peau entièrement  couvertes de plaques, aussi solides que le fer.  Défigurée, la dragonnadès marque sa conquête par le couronnement de quatre cornes sur les parois de son crâne.

Entité privée de son libre arbitre humain, la dragonnadès chasse de jour comme de nuit et ignore la pitié. Elle embroche ses victimes grâce à ses canines proéminentes et acérées.  Elle résiste au feu, peut voir dans l’obscurité et ne connait pas la douleur. Au réveil,  celui ci est de nouveau lui-même.  Il ne se souvient jamais de rien. Fagotée de restes de tissus, il vole ce qu’il trouve et reprend constamment un énième trajet.  Les vociférations du prédateur dans les cauchemars du demi dieu demeurent les seuls pas laissés par le passage du carnassier.