Le vent assourdi ;  une colline  plus haute que les autres,  cède à un horizon timide ;  l’ombre d’une bête se dessine. La Nature se tue ; le soleil est en train de se cacher.  La créature s’avance. Son aspect est encore flou. Il crie, rugit au ciel du plus profond de ses entrailles. Les Oiseaux s’échappent des arbres. C’était un hurlement  de terreur. La lumière du soleil fuyant, découvre une terre dévisagée.  Des monticules de cadavres démembrés jonchent le moindre carré d’herbe, mélangé au sang. Ils sont tous là, tous ses frères sont morts. C’est le seul survivant.  Les pieds du monstre semblent s’enraciner au sol, à chacun de leurs déplacements.  Couvert de boue et d’hémoglobine,  il plonge dans le lac de Maquitanne, sur le  bas-côté.  Il s’est lavé de ses peurs.  La gueule du géant face au jour s’esquisse. Ce n’était qu’un homme. Il récupère son épée à sa droite, son barda sur l’épaule.  Le moment n’est pas de mettre genou à terre, mais d’arpenter un autre chemin.

Les cieux sanglotent ;  l’Homme a voilé son corps ficelé de cicatrices mais il a perdu  le regard d’un enfant rêveur.  L’homme s’estompe  à l’entrée du  bosquet.  Plus sa démarche s’amplifie, plus les ramures  s’épaississent ;  il finit par s’effacer dans la forêt de Sylboria.